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Brésil – Allemagne, déroute prévisible ?

Brésil – Allemagne, déroute prévisible ?

Cet article invité « Brésil – Allemagne, déroute prévisible ?» est proposé par Romain FLANDIN, du site : romainflandin.com

Dévasté.

Mardi 8 Juillet 2014, minuit heure française, il est 19 h à Belo Horizonte quand le coup de sifflet final retentit dans un stade – et un pays – sans voix.

La Seleçao est défaite 7 buts à 1 par l’Allemagne en demifinale de sa coupe du monde.

La surprise paraît totale, l’abattement est général.

Et pourtant …

Ce score est-il le reflet de la supériorité physique et technique de l’équipe Allemande ?

Etait-il possible de prévoir cette déroute ?

Existait-il des signes précurseurs de ce non match ? Si oui, quels étaient-ils ?

motivation-preparateur-mental

Rappel des faits

La coupe du monde 2014 de football a débuté depuis maintenant 3 semaines au Brésil. La Seleçao, équipe nationale brésilienne affronte l’Allemagne en demi-finale après s’être sortie des poules sans convaincre et avoir battu le Chili aux tirs au but puis la Colombie 2 buts à 1.

C’est au cours de ce dernier match que le Brésil a perdu Neymar, sa star incontournable et qui porte l’équipe depuis ce début de la coupe du monde. Blessé au dos (fracture cervicale), le talent brésilien ne disputera pas le match face à l’Allemagne.

De son côté, l’Allemagne n’a pas non plus impressionné, excepté lors de son premier match de poule et un cinglant 4 buts à 0 face à une équipe portugaise éliminée ensuite au stade des poules. Battant difficilement l’Algérie en prolongation et la France sur le score de 1 but à 0, les allemands arrivent en demi-finale avec de l’assurance mais sans talent démontré.

 

D’où vient donc ce match fou que nous avons vécu ?

Beaucoup de facteurs ont été mis en avant : l’absence de Neymar, la difficulté qu’ont eue les joueurs de Scolari à se qualifier, notamment face à la Colombie, une trop grande pression populaire …

Faisons le point.

Il existe 3 composantes distinctes du potentiel sportif d’un athlète de haut niveau : le premier et plus connu est le quotient corporel, plus couramment appelé capacité physique. On y trouve les caractéristiques physiques et corporelles nécessaires à l’activité exercée par le sportif.

Le second, moins visible par le spectateur non expert est le quotient intellectuel. Analyse, logique, stratégies et tactiques en font partie. Ces deux premiers quotients, physique  et intellectuel, sont connus et reconnus en sports de haut niveau. Les métiers liés sont omniprésents et incontournables dans les staffs : préparateur physique, analyste vidéo, physiologistes, tacticiens.

La troisième composante du potentiel sportif est le quotient émotionnel. Moins connu du grand public, il comprend la gestion des émotions, la motivation et le potentiel de confiance en soi.

Ces 3 composantes sont primordiales, mais surtout indissociables pour atteindre et conserver un niveau de performance optimal.

La rupture de l’une de ces composantes au cours d’une compétition sportive engendre forcément la rupture globale du potentiel sportif de l’athlète, et par conséquent la contre-performance assurée.

C’est sur cette composante que s’est établie la faille entre Brésiliens et Allemands. Mais si beaucoup ont été surpris, voici les signes qui auraient pu alerter les Brésiliens avant leur match.

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L’intervention d’une psychologue au sein du groupe

On l’a su très rapidement via les médias, Regina Brandao, psychologue réputée dans le monde du sport, a été appelée au chevet de l’équipe du Brésil à la suite de leur huitième de finale face au Chili.

Son impact sur le groupe est impossible à quantifier et il n’est pas question ici de remettre en cause la qualité et l’efficacité de son travail. En revanche, nul doute que la communication autour de cette intervention a joué en défaveur à la fois de l’intervention elle-même, mais surtout du groupe brésilien.

«L’équipe est un peu plus nerveuse, elle a un peu plus peur. La partie psychologique doit être prête parce que personne n’a la conscience tranquille (…) On veut gagner, mais on ne sait jamais».

C’est par ces mots que Luiz Felipe Scolari a « justifié » médiatiquement la venue de Regina Brandao. Et c’est ici que se situe l’erreur : la communication négative, qui porte atteinte au capital confiance.

Le sélectionneur brésilien aurait pu et dû renverser cela en adoptant un discours en faveur de son groupe, en évoquant une intervention visant à RENFORCER le potentiel émotionnel des joueurs, à les rendre plus forts pour la suite de la compétition.

L’utilisation dans le sport d’un psychologue ou d’un préparateur mental n’est pas encore adoptée et approuvée par le milieu du haut niveau. Le travail mental – sauf s’il est l’objet d’une communication aboutie – doit donc pour l’instant rester un travail de l’ombre, ne serait-ce que pour le bien être des joueurs.

 

Une séance de tirs au but qui a laissé des traces face au Chili

Au cours de cette fameuse séance de tirs au but, nous nous souvenons tous de l’image terrible d’un Thiago Silva – capitaine de la Seleçao – incapable de retenir et de sécher ses larmes. Il refuse alors même de faire partie des tireurs.

En off, Luiz Felipe Scolari aurait eu des mots très durs à l’encontre de Thiago Silva, le décrivant comme un joueur qui ne s’était pas « pas comporté comme un homme » et qu’il avait été « un capitaine indigne ».

Des propos que la presse brésilienne a relayés en boucle tout au long de la semaine. Ayant préféré opter pour le silence radio, la délégation auriverde s’est vue obligée de sortir du silence pour démentir … mais le mal était fait.

Au-delà des déclarations, sur lesquelles aucune garantie n’est possible, cet état émotionnel extrême est révélateur d’un quotient émotionnel qui craque.

La blessure Neymar

Personne ne peut le nier : Neymar a porté son équipe par son talent tout au long de la compétition. Le voir déclarer forfait pour blessure était sans aucun doute d’une extrême rudesse pour le groupe – mais aussi le peuple – brésilien.

Deux solutions s’offraient donc au staff, mais aussi aux média du pays.

Soit se tourner et se focaliser sur les forces en présence et les atouts restant pour affronter l’Allemagne. Cette démarche aurait eu pour conséquence de renforcer la confiance et l’estime des joueurs alignés en demi-finale. Leur confiance et leur estime jouant un rôle direct dans la solidification de leur quotient émotionnel.

Soit  – et c’est la posture adoptée par les brésiliens – en s’identifiant à la star blessée, en se focalisant sur son absence, sa blessure et la comparaison avec les joueurs le remplaçant. Mais cette solution impacte encore une fois de manière négative le potentiel confiance du groupe, avec en première ligne le remplaçant officiel de Neymar.

Le reste du groupe est lui focalisé sur un phénomène négatif, ce qui engendre naturellement une répercussion négative sur le niveau d’énergie disponible.

C’est ce qu’il s’est passé notamment au moment de l’hymne brésilien face à l’Allemagne. On pouvait y voir le capitaine et le gardien brésilien tenant fermement un maillot au nom de Neymar dans leur main. Un surplus d’énergie dépensé inutilement à quelques minutes d’une rencontre cruciale.

Une pression populaire incomparable

Cette coupe du monde était la leur !!

Dès la nomination du Brésil comme organisateur de la coupe du monde 2014, la Seleçao fut à l’instant désignée publiquement et unanimement comme le grand favori de la compétition.Entre attente démesurée et pressions populaires le poids sur les épaules des joueurs brésiliens n’a jamais faibli.

Bien entendu cette ferveur aurait pu être un élément de motivation – et elle l’a certainement été – mais elle nécessite pour cela d’être maîtrisée par les joueurs eux-mêmes. Et ce travail – pour s’avérer efficace – doit être initié par le staff, par l’intermédiaire de son sélectionneur, ou par l’intermédiaire d’intervenants tels que Regina Brandao ou autre préparateur mental.

 

Pour conclure cette piste de réflexion, il faut évidemment garder à l’esprit qu’il est toujours facile de tirer des conclusions après coup. Ces propos ne s’inscrivent pas dans ce type de démarche.

Il est cependant totalement envisageable pour un staff, dans une compétition d’un tel niveau, d’anticiper ces éléments de pression et d’érosion du potentiel émotionnel de l’équipe.

Nul ne peut dire si les items cités ci-dessus ont eu un impact – quel qu’il soit – sur le niveau de performance de la Seleçao. En effet une grande part du travail d’un préparateur mental en sport de haut niveau réside à prévoir et anticiper le maximum de scénarii avant la compétition.

Ce travail d’anticipation permet à chaque joueur de s’imaginer dans chacun des scénarii mis en avant. Par un travail d’imagerie il peut alors définir un panel d’émotions qu’il devra être à même de maîtriser, pour ensuite les gérer avec davantage de recul le jour J.

La blessure d’un joueur cadre ou une éventuelle séance de tirs au but sont-ils les scénarii les plus improbables dans une coupe du monde ?

La réponse est claire : NON.

 

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